
Bien avant l'apparition des congés payés, Fontenay-aux-Roses attirait déjà de nombreux Parisiens venus profiter du calme de la campagne. Dès le XVIIᵉ siècle, les familles les plus aisées quittaient l'agitation de la capitale pour séjourner dans ce village verdoyant, situé entre Paris et Versailles.
Une Parisienne se souvenait encore, à la fin du XIXᵉ siècle, de son arrivée à Fontenay :
« Quand on était sorti de Paris, on longeait interminablement des jardins maraîchers où les cloches de verre alignées brillaient au soleil. Puis on passait sous un pont et l'on savait qu'on était bientôt arrivé. »
Un témoignage qui illustre parfaitement l'image d'un village où l'on venait chercher le calme, la nature et un air plus sain.

Parmi les premiers visiteurs figure l'écrivain Paul Scarron (1610-1660), qui séjourne régulièrement à Fontenay dans une maison serait située aujourd'hui avenue Lombart. Il vient y trouver un environnement plus favorable à sa santé, mais aussi s'éloigner de ses créanciers.

La maison habitée par Paul Scarron et son épouse peu avant sa destruction dans les années 1960. Aujourd’hui, elle serait située au 43 avenue Lombart. [cette maison n’existe plus]
Quelques années plus tard, le médecin de Louis XIV, Guy-Crescent Fagon (1638-1718), choisit lui aussi Fontenay-aux-Roses pour y passer les beaux jours. Il y fait aménager une vaste demeure dont le parc s'étendait sur une grande partie de l'actuelle rue Jean-Jaurès. Aujourd’hui, le bassin dans le square du 1, rue Jean-Jaurès est la dernière trace de cette propriété


Au XVIIIᵉ siècle, Fontenay-aux-Roses devient une véritable destination estivale. Magistrats, médecins, avocats, libraires et notables viennent y faire construire leur résidence de campagne.
C'est à cette époque que sont édifiés plusieurs domaines emblématiques, dont le château Laboissière et le château Sainte-Barbe

Le célèbre médecin Antoine Petit (1722-1794) fait également construire sa maison des champs à l'actuel 53, rue Boucicaut. Durant ses séjours, il soigne gratuitement les Fontenaisiens les plus modestes. À sa disparition, il lègue les ressources nécessaires afin que cette œuvre de solidarité puisse se poursuivre.

Au fil des décennies, une véritable relation se tisse entre les habitants et les familles venues passer l'été.
Les Fontenaisiens trouvent de nouvelles activités comme jardiniers, domestiques, commerçants ou artisans, tandis que les estivants bénéficient de leur savoir-faire pour entretenir leurs maisons et leurs jardins.
Cette entente est symbolisée par la célèbre statuette du gentilhomme-jardinier, installée face à l'église Saint-Pierre-Saint-Paul, rue Boucicaut.

Au XIXᵉ siècle, le centre du village est progressivement entouré d'une remarquable couronne de parcs qui assure la transition entre le bourg et les terres agricoles.

Le critique d'art Étienne Jean Delécluze, qui séjourne régulièrement à Fontenay entre les années 1820 et 1840, décrit un village où les jardins se succèdent sans murs, où les fleurs bordent les chemins et où les promeneurs croisent davantage des cultivateurs que des citadins.
Ce cadre bucolique inspire également plusieurs écrivains. Émile Zola, Paul de Kock ou encore Joris-Karl Huysmans choisissent Fontenay-aux-Roses comme décor de leurs romans, contribuant à faire connaître le charme de la commune bien au-delà de ses frontières.
L'agrandissement de Paris en 1860 puis le développement des transports, avec le tramway en 1877 et la ligne de Sceaux en 1893, rapprochent considérablement Fontenay-aux-Roses de la capitale.
Les séjours estivaux deviennent alors plus nombreux. Le couple Boucicaut, le peintre Raphaël Collin, qui y ouvre une académie de peinture en plein air, ou encore de nombreuses familles parisiennes choisissent Fontenay pour leurs vacances.
Les registres d'état civil témoignent de cette fréquentation : plusieurs enfants de familles parisiennes naissent à Fontenay-aux-Roses durant cette période, parmi lesquels la future princesse de Monaco Florestine de Grimaldi ou encore le fils d'Édouard René Lefebvre de Laboulaye.
Au début du XXᵉ siècle, les grandes maisons de campagne cèdent progressivement la place à des villas inspirées de l'architecture régionaliste ou balnéaire, ouvertes sur la lumière et le soleil.

À partir des années 1920, les familles plus modestes construisent également de petites maisons en bois destinées aux vacances. Au fil des années, ces habitations évoluent et deviennent parfois des résidences permanentes.

Avec l'évolution des modes de vie, le développement des transports et l'apparition de nouvelles destinations touristiques, la tradition des vacances fontenaisiennes s'efface progressivement.
Elle laisse toutefois une empreinte durable dans le paysage de la commune, son patrimoine et sa mémoire. Les photographies anciennes, comme celle des cousins Desforges dans le parc de l'actuel château Laboissière, témoignent de cette époque où Fontenay-aux-Roses était une destination de villégiature recherchée par les Parisiens.

Sauf indication, les illustrations sont issues des fonds des Archives municipales.